Christophe Eugène Martin
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Illustrations • Avant l'IA
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COMMENT UN CLIC SUR FACEBOOK A PLANTÉ 80 HECTARES DE MANGROVES ET PROTÉGÉ 14 551 PERSONNES
Client : AXA • Agence : Marcel (Publicis Groupe) • Rôle : Directeur de création • Période : 2005–2013 • Secteur : Assurance, engagement social, plateforme communautaire
Au milieu des années 2000, l'industrie de l'assurance communique de la même manière depuis des décennies : une promesse de professionnalisme descendante, une distance institutionnelle assumée entre l'assureur et l'assuré. L'objectif stratégique d'AXA est ambitieux : atteindre 100 millions de clients d'ici 2030 en séduisant une nouvelle génération qui ne se reconnaît pas dans le discours classique du secteur. La crise de confiance consécutive aux turbulences financières de 2008 accélère la mutation. En 2011, 82,7% des employés du groupe ont suivi une formation interne pour devenir ambassadeurs de cette nouvelle vision. Il ne suffit plus d'être un payeur de factures en cas de sinistre. Il faut devenir un partenaire proactif de la prévention.
L'idée
La direction créative de Marcel identifie que le véritable pouvoir d'une marque d'assurance réside dans son utilité sociale. L'idée centrale : transformer la protection — une notion abstraite et technique — en un mouvement collectif et tangible.
Nous avons conçu une plateforme Facebook dédiée qui convertissait le capital social des utilisateurs en ressources concrètes pour des projets humanitaires et environnementaux. Le mécanisme était d'une simplicité redoutable : un clic = une action. Pas de don financier demandé. Chaque interaction digitale — un like, un vote, un partage — se transformait en financement réel pour des projets de terrain, en partenariat avec des ONG de premier plan comme CARE et Junior Achievement.
Ce n'était pas du community management. C'était l'architecture d'un système de conversion du geste digital en impact physique à l'échelle mondiale.
L'architecture créative
La plateforme ne se contentait pas de diffuser du contenu. Elle invitait les utilisateurs à voter pour des projets de protection à travers le monde, à suivre en temps réel l'avancement des initiatives qu'ils avaient contribué à financer, et à participer à des jeux sérieux qui renforçaient l'engagement.
La stratégie narrative a brisé les codes du secteur. Au lieu de montrer des accidents ou des risques, la campagne mettait en avant des solutions et des héros du quotidien — les "protectors". Cette inversion du storytelling émotionnel a posé les fondations des futures campagnes du groupe, notamment "Birders" et "Three Words", qui continuent aujourd'hui de célébrer la résilience humaine.
Le déploiement géographique suivait la logique business du groupe : en 2011, les régions Méditerranée et Amérique latine représentaient 9% des bénéfices de l'assurance, l'Asie (hors Japon) 8%. Les premiers marchés activés étaient ceux où AXA cherchait à consolider sa présence.
Les résultats
Communauté et portée :
1 million de fans Facebook en 2013, près de 2 millions en 2015
Portée globale estimée à 150 millions de personnes
Au Mexique, AXA People Protectors est devenue la première communauté de marque du pays (classement Millward Brown)
Projet Vietnam — Province de Thanh Hoa :
100 000 fans de la plateforme transformés en acteurs de la reforestation
80 hectares de mangroves plantées (objectif final : 160 hectares) — barrière naturelle réduisant la puissance des vagues de 75% lors des tempêtes tropicales
14 551 personnes directement protégées
3 650 foyers sécurisés
90 000 personnes impactées sur l'ensemble de la province
Autres marchés :
Mexique : lutte contre l'obésité infantile via une application de danse numérique, en partenariat avec l'ONG Un Kilo De Ayuda
Bénin : financement de projets d'accès à l'eau potable dans des villages isolés, réduisant l'incidence des maladies hydriques
Lancement en 2011 du projet "Where the Rain Falls" avec l'Université des Nations Unies, mené en Inde, en Thaïlande, au Pérou et en Tanzanie
Ce que cette campagne m'a appris
People Protectors est le projet qui m'a fait comprendre la différence entre concevoir une campagne et concevoir un système. Une campagne a un début et une fin. Un système se nourrit de l'engagement qu'il génère pour produire davantage d'impact, qui génère davantage d'engagement.
La mécanique circulaire de People Protectors — interaction digitale → financement réel → preuve d'impact → engagement renforcé — est exactement le type d'architecture que je conçois aujourd'hui avec les systèmes créatifs IA. La technologie change. La logique de conception reste la même : construire des boucles vertueuses entre l'intention humaine et la production de valeur.
Le projet a également démontré qu'une marque d'assurance pouvait opérer sur le territoire des ONG — la prévention, la solidarité, l'écologie — sans que cela soit perçu comme du greenwashing, à condition que les preuves soient tangibles et vérifiables en temps réel.
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